La pratique de l'Evangile

 
Je voudrais vous entretenir aujourd'hui de la façon d'adapter aux nécessités de la vie du monde, les solennelles affirmations, les commandements précis de notre Evangile. Vous êtes tous, je crois, parvenus à un moment de votre évolution, où vous avez entendu l'appel du Maître. Il a croisé votre chemin; il vous a dit « Suis-moi ».

 Vous avez entendu cette voix surnaturelle, vous avez senti qu'elle était vraiment la voix irrésistible de l'amour. Vous avez vaguement compris que cette voix était le Verbe même, la parole qui était Dieu, et qui était en Dieu avant que le monde fût. L'image de Celui que le Père a envoyé sur notre terre au moment voulu, s'est dressée de plus en plus nette en vous ; vous commencez à L'aimer, c'est-à-dire à Le connaître. Il est maintenant, ce Maître de tous, votre compagnon continuel. Votre cœur au lieu de puiser sa vie dans la nature périssable, la trouve dans la vie éternelle de Celui qui est l'aspect compréhensible du Père inconnaissable.

Toutes vos actions donc, toutes vos pensées, vous désirez maintenant qu'elles soient inspirées par Lui. Et ce désir constitue l'appel à la suite duquel s'écoule constamment du cœur de votre Maître, tout ce dont vous avez besoin.

≈ 

Mais, vous n'êtes pas isolés ; vous vivez au milieu d'autres créatures qui n'ont pas encore compris ces choses et qui obéissent aux lois du destin et du prince de ce monde. Comment donc vous conduire vis-à-vis d'elles ? Comment ne pas trop heurter les lois admises ? Comment surtout ne pas risquer d'adapter à votre vie journalière d'une façon trop peu prudente, les ordres cependant précis de Celui que vous aimez et que vous voudriez tant contenter toujours ? Vous avez deux moyens puissants : la prière et l'humilité.


En vous levant le matin que votre première demande soit d'être guidés, préservés des trop difficiles épreuves, d'être toujours prêts à agir en toute chose d'après la lumière qui vous a été donnée. Demandez à pouvoir donner les forces reçues pendant la nuit, à connaître les êtres qui en auraient besoin. Votre intuition se développera vite ; vous verrez la secrète douleur des hommes et serez à même de la soulager. Vous demanderez à recevoir, en présence des méchants, la force de douceur nécessaire. Vous prierez votre Maître d'être à vous quand surgira le contact avec les personnes guidées seulement par l'intérêt.

Vous trouverez enfin votre plus grande sauvegarde dans l'humilité. Estimez-vous, chacun en particulier, le plus faible de tous ; reconnaissez-vous incapables de ne pas vous mettre en colère si l'on vous insulte, de ne pas réclamer votre dû, ou de l'argent prêté, de ne pas attaquer en justice celui que vous estimez vous avoir lésé, de ne pas blâmer celui que vous estimez blâmable, de ne pas souffrir enfin des mille heurts de la vie, et, aussitôt, dans la mesure où vous aurez été sincères, les insultes ou railleries diminueront, les prêts d'argent non remboursés vous seront rendus par une autre voie, vous n'aurez, en matière litigieuse, qu'à vous défendre, pas à attaquer ; les fautes des autres vous les verrez, mais seulement pour les excuser et vos rapports avec les hommes, seront pesés, voulus.

Votre Maître ne vous mettra devant une réalisation évangélique difficile qu'au moment où vous le pourrez. Considérez donc chaque commandement de l’Evangile, comme un idéal sublime que, vous atteindrez sûrement un jour et en attendant, rapportez vous en à Jésus. Si vous le lui demandez avec simplicité, il saura vous apprendre peu à peu à suivre Sa loi vis-à-vis de vos frères.

 

                            En Chemin