Avis spirituels V. Le travail matériel

Presque tous les vrais chrétiens devront gagner leur vie par le travail ; rarement ils seront possesseurs de biens qui les en dispenseraient. Aussi me semble-t-il nécessaire de vous indiquer quelques règles qui pourront vous être utiles dans votre journée.

Le travail une nécessité sociale indiscutable, et le Mystique doit se diriger ici lentement vers un Etat d'être intérieur très difficile à atteindre. C'est celui de se tenir indifférent aux résultats de ses efforts. Il faut arriver à saisir que jamais le Ciel ne vous a demandé de réussir, mais seulement d'imaginer, de préparer, de travailler.

Tout est donc dans l'acte, et toute la récompense vient de lui, s'il est pur. Je vous signale ce but, vous devrez, de toute nécessité, vous en approcher chaque jour un peu plus. C'est donc sur l'échec en général que j'attire votre attention. — Lorsque vous aurez tout combiné, de votre mieux, peiné de nombreux mois, et que tout s'écroulera au moment précis où vous alliez recueillir le prix désiré, jamais vous ne devrez ni vous laisser aller au découragement, ni oublier de remercier DIEU qui, Lui, dans Son omniscience, a jugé meilleur pour vous cette déconvenue. C'est là la Loi Mystique, la Loi Chrétienne la plus importante que j'ai à vous signaler dans ce paragraphe destiné au travail matériel.

Cette Loi s'appliquera aussi au travail intellectuel.

Le deuxième avis important que je veux vous donner, c'est, qu'en général, et toujours pour l'apprenti Soldat de JÉSUS, ce qu'il fait c'est ce qu'il y a de meilleur pour lui. — Là où il se trouve, c'est là que le veut le Maître. Puisque vous avez, mes amis, la certitude intérieure que non seulement JÉSUS existe, mais qu'Il est là près de vous, qu'Il veille, que rien ne peut vous arriver sans Sa permission, vous devrez, en y pensant, parvenir à la croyance ferme que ce que je vous dis là est la vérité. En conséquence, ne changez pas volontairement de situation ou de métier. Ne fuyez pas un mauvais patron ou de mauvais camarades. Ne cherchez à améliorer votre sort que si toutes les circonstances extérieures vous indiquent nettement la volonté de DIEU. — Du reste, en ouvrant les yeux, en priant. en observant votre vie passée ou celle des autres, vous verrez combien cet avis est juste, et combien de fois, en cherchant le mieux, vous avez trouvé le pire.

Ne perdez jamais cela de vue. Dans toutes les circonstances, examinez froidement les choses, et priez.

C'est encore dans le travail de chaque jour que vous pourrez trouver l'occasion de demander cette merveilleuse transmutation, dont j'ai parlé plus haut. — Toute votre activité manuelle ou cérébrale, le Ciel veut bien la changer en force surnaturelle qui reste votre propriété, de sorte que pas une de vos fatigues, pas une ligne de votre oeuvre ne seront perdues. Cette pensée, unie à la vision intérieure fréquente de JÉSUS dans l'atelier de Son Père terrestre, et l'effort considérable que tous ses Amis ont réalisé, doit vous soutenir à l'ouvrage et même lui donner un charme constant qui en diminuera sûrement l'amertume ou la fatigue. Soyez donc unis avec votre Maître pendant le travail, et toutes les oeuvres de vos mains ou de votre cerveau seront bénies et fécondes.

Les rapports avec les camarades nécessitent aussi un peu d'attention. Il vous y faudra beaucoup de charité, de prudence et de patience. — Ce qu'il y aurait de meilleur, c'est que vous puissiez ressentir pour eux de la pitié, de l'affection. Par l'amour vous les connaîtriez à fond et vous sauriez les prendre d'après leur caractère. — Mais ceci, c'est difficile, je le sais. — Ayez au moins toute la bienveillance possible avec vos subordonnés et vos égaux, toute la déférence nécessaire envers vos supérieurs et vos chefs, même si vous pensez qu'ils ne le méritent pas". Ceci aussi est malaisé ; vous y parviendrez cependant, en appelant à vous la force et la lumière du Maître.

En ce qui concerne vos croyances, et ce qu'on a déjà pu vous révéler des Mystères, le Silence seul est bon dans un milieu athée, ennemi de tout mysticisme, ou même neutre. Si quelqu'un par son attitude devant les moqueries ou les blasphèmes, par ses paroles parfois, montrait quelque attirance vers les idées mystiques, ce serait un travail voulu pour vous, et même dans ce cas, il faudrait bien des précautions pour lui parler en particulier. Votre seule prédication, neuf fois sur dix, sera l'exemple.