Et si le Maître revenait aujourd'hui !

   « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde ». Cette phrase de Jésus, tous les chrétiens la connaissent. Les églises : catholique, protestante, orthodoxe… en donnent généralement une explication « surnaturelle ». Cette Présence du Christ se déploie pour elles uniquement sur le plan spirituel, ou dans l’intériorité des êtres. Elles nous disent que cette Présence nous accompagne, certes, et nous aide, mais n’adhérant pas à la théorie de la réincarnation, penser que cette Présence puisse se manifester par un retour du Maître dans un corps physique, ici et maintenant, reste pour ces institutions – inconcevable. Le seul retour qu’elles attendent ? Celui du Christ dans Sa « Gloire ». Il n’est d'ailleurs pas nécessaire d’adhérer à la croyance aux retours successifs, pour dire que le Fils est toujours présent sur cette terre. Si nous avions foi en Lui, nous serions convaincus que tout Lui est possible, et que même si la réincarnation n’existait pas, le Maître pourrait bien revenir quand Il le veut, pour le temps qu’Il veut. N’est-Il pas le Maitre de la vie ? Le Maître de la mort ? Le Maître de l’espace-temps ? Tout ne Lui est-Il pas possible ? Ce sont nos limites qui rendent difficile l’adhésion à cette évidence.

Il est nécessaire de préciser, comme un ami nous le disait : ce n’est pas Jésus qui revient, il n’y en a eu qu’un, ce n’est pas Monsieur Philippe qui revient, il n’y en a eu qu’un ; c’est le Fils qui revient, ainsi qu’Il nous l’a promis ; c’est le Maître.

Certaines personnes, qui sont convaincues de cette promesse du Maître, sont néanmoins surprises, parfois même dans l’incompréhension, qu’Il ne fasse pas à chaque fois la même chose : enseigner, guérir, sauver, ressusciter, aider les pauvres. Lui seul sait pourquoi Il prend tel ou tel vêtement de chair, connu ou inconnu ; en bas de l’échelle sociale ou en haut. Lui seul sait également pourquoi Il prend tel ou tel défaut.

Si le Maître revenait en notre temps, Il aurait une psychologie et un caractère autres que celui qu’Il eut quand Il était Jésus, Monsieur Philippe ou Cagliostro, son physique également serait différent.Laissons aller notre imagination, ouvrons la porte de tous les possibles. Le voici à nouveau parmi nous.

 

   Il naît le 20 août 2003, dans un hôpital de la région parisienne, dans le 93 exactement, ses parents lui donnent le prénom de Philippe. Ceux-ci ne sont pas pauvres, mais de condition modeste. Philippe est l’aîné, viendront ensuite un deuxième fils nommé Gassien, puis deux ans plus tard une fille : Irna.

Sa mère, quand elle avait 18 ans, a avorté ; elle était alors seule, et ne se sentait pas capable d’élever un enfant.

A l’école, le jeune Philippe se fait des camarades, voici leur prénom ainsi que quelques éléments sur leur vie. Bouamara, qui restera jusqu’à la fin son ami d’enfance le plus proche. Celui-ci deviendra un grand imam de France, reconnu pour son élévation spirituelle, son pragmatisme, son intelligence. Il travaillera toute sa vie à faire rentrer dans la modernité la religion issue du Prophète. A quarante ans, Bouamara, que Philippe appellera toujours : Boubou, reconnaîtra Jésus comme Fils de Dieu, et l’unique Maître au dessus de tous les autres ; cette révélation il l’a gardera secrète au fond de son cœur. Toky, dont la famille originaire du Bénin arriva ici quand il avait deux ans, amoureux fou de la France, de son histoire et de sa culture, il passera sa vie à voyager, à mener conférences et débats, à écrire des livres, pour faire aimer son pays d’accueil dans le monde entier. Il se mariera d’ailleurs avec la sœur de Philippe. Sokhin, la seule fille du groupe, née en France, ses parents ayant fuient la Corée pour des raisons politiques ; elle mourra tragiquement lors d’un voyage dans le pays de ses ancêtres. Denis, issu d’une famille française aristocratique de vieille souche, et qui perdit titres et richesses lors de la révolution française. Philippe et Denis, après une brouille de 20 ans, se retrouveront dans un contexte difficile. Denis, lors de son emprisonnent pour meurtre,  reprendra contact avec lui ; ils maintiendront une relation épisodique jusqu’à la mort de Denis. Et pour finir, Marâthî, français par son père, un breton pur jus, et hindou par sa mère, originaire de l’Inde du sud. A 25 ans il partira en Inde, s’engagera dans la politique, et fera grandement avancer les pans de la société indienne restés encore dans l’archaïsme. Philippe, placé par le destin au « cœur du monde », développera ainsi une précoce sensibilité aux problèmes actuels, infiniment liés au retour du religieux, des communautarismes, et des tensions identitaires.

 

   Les parents de Philippe divorcent quand il a 12 ans. Sa mère se remariera quelques années plus tard, son nouveau mari ayant par ailleurs deux enfants. Connaissant alors la garde alternée, le jeune Philippe va régulièrement chez son père, celui-ci s’est mis en couple avec un homme, qui eut un enfant lors d’un premier mariage. Philippe gardera toujours de très bonnes relations avec le compagnon de son père : Dimitri.

Vers le même âge, les préoccupations spirituelles de Philippe se manifestent plus fortement, il y consacre alors beaucoup de temps, qu’il prend parfois sur ses nuits, pour ainsi lire les Evangiles, des ouvrages sur Jésus et sur Monsieur Philippe, mais également comprendre les différents courants spirituels d’occident, les autres religions et philosophies du monde, leurs influences sur les hommes et sur les sociétés.

Le Philippe pré adolescent, quand il ne va pas à l’école, est un passionné de jeu vidéo et d’informatique ; il passe parfois des après midi entières sur le canapé, en survêt et basket, à jouer avec sa Nintendo. A 18 ans il commence à fréquenter les boites de nuit, c’est à cette occasion qu’il fait ses premières expériences sexuelles. A 22 ans il part pour l’Angleterre, pour perfectionner son anglais, et dans le même temps pour faire un stage dans une entreprise d’informatique. Celle-ci l’embauche à la fin de son stage. Il rencontre alors une jeune anglaise Précy, avec qui il s’installe dans une petite maison de la banlieue londonienne. C’est la période la plus facile de sa vie, ses revenus sont conséquents, il est apprécié par ses collègues et par sa direction ; il peut même aménager son temps de travail, lui laissant ainsi des dispositions pour se consacrer à sa passion : les voyages.

Un fait marquant dans sa vie à cette époque : il rencontre, à l’occasion d’un repas chez la famille de sa compagne, un vieil anglais, dont l’un des ancêtres connu Cagliostro lors de son deuxième séjour à Londres. En lui cette rencontre résonne particulièrement, après lecture des quelques rares ouvrages de référence sur le Comte, il réalise que ce fut là une de ses incarnations. Ses souvenirs anciens revenant à la conscience, il se rappelle ce qu’un ami, disciple de Monsieur Philippe, lui avait dit quand il avait 15 ans, lors d’une rencontre privé qu’il avait eu avec cet homme, – membre d’un groupe spiritualiste issu d’une des branches liées à Monsieur Philippe : Toi, tu as bien connu Monsieur Philippe !

Après 15 ans de vie commune, sa femme et lui font le choix de se séparer – ils n’auront pas eu d’enfants.

 

   Le suicide de son père le plonge dans un état d’abattement, de peine et de trouble infinie. Il revient en France. Ayant mis de l’argent de côté, il fait le choix de s’accorder une année sabbatique et de réaliser un voyage qui lui tient à cœur. Il se met alors en route pour la Palestine. Là, dans ces décors, sous ce ciel qui parait n’avoir jamais changé, il approfondit son identité spirituelle.

Revenant en France, il souhaite changer d’orientation professionnelle, il fait alors une formation agricole, puis une spécialité en apiculture, (nous lui devons d’ailleurs deux ouvrages forts intéressants sur la vie des abeilles, et sur les vertus du miel). C’est durant cette formation qu’il rencontre sa nouvelle femme, Elma, avec qui il aura deux enfants : un fils nommé Paul, et une fille, Myriam. Ils achètent une exploitation en terre angevine. Avec le temps ils diversifient leurs productions, l’élevage et la vente de poulets, lapins et cochons se complètent de la production de céréales, et de miel. Dans ce cadre il découvre la beauté de la nature, mais aussi la difficulté de travailler la terre, lui l’homme de la ville. Il se fera de nouvelles relations, des gens simples, pour qui la vie est faite de tracas quotidiens, du temps qu’il va faire, de la génisse qui a perdu son petit, et des prêts à rembourser aux banques.

Philippe vit là une existence encore plus cachée qu’ailleurs, comme enfouie dans cette terre qu’il côtoie chaque jour. Il prend la décision de vendre tous ses livres – il se sent plus libre, il travaille à être plus attentif à la nature qui l’entoure, et a y lire les leçons de vie que les pages de son grand livre contiennent.

Philippe n’aura que quelques amis intimes, qui, chacun à leur manière, ont quelque peu reconnu son identité : a eux il se confiera facilement. Mais ce n’est que par la parole, par son autorité naturelle, par la force de sa présence et de son regard, qu’il témoignera de qui il est, et d’où il vient.

Un jour, un de ses amis lui demande, alors que Philippe expliquait que le Maître était toujours présent physiquement : « Mais comment, et quand sait-il qu’Il est le Fils, dés sa naissance, progressivement ? ». Philippe lui répond : « Imagine un fils de Roi, il sait très jeune que son père est le Roi, qu’il est lui-même le Roi en puissance, et qu’il le sera un jour, même s’il ne sait ce que cela signifie complètement. C’est peu à peu, au fil des rencontres, des événements, de sa maturité grandissante, de la maturation de son humanité s’approfondissant, qu’il comprend tout ce que cette royauté signifie, et pourtant il sait qu’il est Roi depuis les premiers mois de sa vie. Comprends-tu maintenant ? »

Philippe meurt à 75 ans, des complications survenues lors d’une chute dans l’escalier de sa ferme. Sur son lit d’hôpital, à l’infirmière qui est là pour l’accompagner dans ses derniers moments, il lui dit, avant qu’elle ne lui ferme les yeux pour toujours : « Ils me font chier ces terriens… et qu’est ce qu’ils sont cons, mais cons ! … et méchants en plus, mais que veux tu… je les aime, et c’est pourquoi je ne cesse de revenir auprès d’eux ». Dix ans plus tard, cette infirmière se mariera avec le fils de Philippe, et fera éditer des écrits que Philippe avait laissés.

 

   Après une pareille existence, peut-on imaginer que le Maître, ayant vécu dans sa chair, dans sa sensibilité, des situations difficiles, émettent sur le divorce, l’avortement, le suicide, l’homosexualité, le remariage, la moindre condamnation, le moindre jugement ? Nous ne pouvons le croire.

Ces mœurs et pratiques de vie ont toujours existé, elles ont pu, à juste titre sans doute, être condamnées spirituellement, et même socialement par le passé, elles le sont d’ailleurs encore de par le monde. Le Maître ayant tout pouvoir, Il est donc libre, s’Il le veut, de changer les lois de la Terre, et les lois Divines. Cette vie inconnue qu’Il aurait pu mener, pourrait donc avoir comme conséquence, nous en sommes convaincus, d’étendre également sur tous ces sujets, si cela était nécessaire, le voile de son pardon et de sa miséricorde.

Si vraiment nous pouvons l’imaginer ainsi, dans cette vie que nous venons de conter, sans que rien en nous n’en soit choqué, alors vraiment nous avons dépassé toutes les images, points de vue  qui nous encombrent, et nous empêchent d’être perméables à Sa Présence.

Pendant ce temps, le monde chrétien continue de penser sur des schémas qui ont 2OOO ans d’âge, alors que le Maître ne cesse de tout transformer, modifier, réajuster, pardonner. Par ailleurs, nous en sommes persuadés, si l’humanité progresse peu à peu, si les « types psychologiques » s’assouplissent, si les tempéraments peuvent être moins radicaux, si notre sensibilité à la nature et aux animaux a évolué, si l’état providence existe, si les états respectent, chacun à leur rythme, un peu mieux leur peuple… on ne doit ces avancées qu’à Lui. A Lui, qui, ayant pris, depuis la nuit des temps, des milliers de corps, a ainsi fait progresser à chaque fois la part de matière, de déterminisme social, qu’il subissait en revêtant sur ses épaules un manteau de peau et de chairs différent. Lui seul nous fait avancer collectivement et individuellement, et c’est pour cela, que comme Il nous l’a dit, nous sommes, dans le meilleur des cas : que des serviteurs inutiles.