Courriel à un aspirant bouddhiste

 Bonjour Edwin

 

  Je reviens sur notre échange concernant le Bouddhisme. Lors de notre ballade en voiture de l’autre jour, Je n'ai pas trouvé les arguments justes pour te montrer, en quoi, il n'y avait pas de correspondance possible entre notre Maître le Christ et le Bouddha, entre le Bouddhisme et le Christianisme.

  J'ai trouvé des textes explicatifs, mais comme tu ne lis guère, cela ne va pas t'aider, je te fais donc un résumé des points saillants. Déjà, trouver quelques similitudes possibles entre Bouddhisme et Christianisme ne prouve en rien une ressemblance, pour ce qui est du fond du message ; et même ces similitudes, lesquelles sont-elles ?

 

  Pour Bouddha il y a des Dieux, mais qui sont soumis comme les hommes à leurs désirs et aux conséquences de leurs actes, ils ne sont donc pas fiables pour libérer l'homme. Jésus, lui, nous parle du Père, de Notre Père, notion qui pour un Bouddhiste est sans doute inconcevable, une folie.

  Le Bouddha prône l'extinction des désirs, pour qu'ainsi, ne créant plus de karma, l'homme se libère de la roue des réincarnations et atteigne le nirvana ; c'est d'une certaine façon une approche anti-vie. Alors que Jésus prône la vie, non la mort de nos désirs et passions, mais leurs transformations ; de plus, il dit de lui-même qu'il est la Vie.

  Le Bouddhisme mène à une sorte d'égoïsme pour la bonne cause, puisque le bouddhiste doit travailler à se détacher de ce monde d'illusion, et sur lui-même : à l'extinction des désirs. On peut donc dire qu'il est immensément intéressé par son salut. Jésus lui nous dit : qui veut gagner son âme la perdra.

  Le Bouddhisme ne connaît pas la prière, puisque se serait reconnaitre une divinité miséricordieuse, il ne le peut, puisqu'il ne reconnaît aucun Dieu comme valable pour aider ses fidèles. Le bouddhiste, pour ne plus avoir un jour à souffrir, respecte des codes moraux envers ses semblables, et les autres règnes vivants.... Sa compassion n’est pas vraiment un amour désintéressé, c’est surtout un moyen de ne pas contracter de dettes nouvelles envers eux, ce qui entrainerait des conséquences à réparer, et retarderait sa libération.

  Le Bouddhisme est une voie de la connaissance, c'est cette connaissance qui mène à la compréhension de l'illusion de ce monde ; alors que le message de Jésus est uniquement l'amour en actes, et non uniquement sous formes de pensées d'amour. L'amour chrétien pouvant nous conduire à donner ce que l'on a, pour un autre ; ce que nous nommons : la communion des saints, ou dans une forme plus neutre : on n’avance pas les uns sans les autres.

  Le bouddhiste est seul avec lui-même, ce n'est que par ses propres efforts qu'il peut se libérer ; même le Bouddha ne peut le libérer. Le chrétien sait que le Maître est toujours à ses côtés, que seul, malgré toutes les ascèses possibles, il n'atteindra jamais une approche surnaturelle de la vie, ce n'est que le Maître qui peut la lui donner. Et que de toute façon, être ici, au Paradis, dans les enfers ou dans d'autres mondes, ne lui importe en rien, tant qu'il sait que son Maître et Ami sera toujours à ses côtés.

 

  Le chrétien ayant un peu bourlingué reconnait la loi de cause à effet, c'est la loi d'ici, mais il n'en fait pas le point central de son approche spirituelle, le seul but étant pour lui : Jésus. Il peut tenir compte ou pas de cette notion, selon sa façon de voir les choses.

  Maître Philippe le dit d'une façon lapidaire : le mal c'est votre théâtre, un jour il faut le payer. Mais il ne dit pas que c'est un obstacle à une relation avec Jésus, il énonce un fait. Il dit aussi que nous sortons plus purs de cette vie, que nous ayons fait le mal ou le bien.

  Par ailleurs, Jésus nous dit qu'il est ce prisonnier que nous visitons, ce pauvre que nous aidons, ce malade que nous soignons. Pour un bouddhiste, toutes ces destinées sont des conséquences d'actes, ce sont donc des erreurs, des égarements ; et bien, Jésus nous dit qu'il est lui même ces êtres, lui même ces égarements. Ces êtres qui ont été parfois considérés comme des rebuts de la société, et encore de nos jours en certaines contrées, Il les élève à une dignité qui est : Lui-même.

  De plus, un chrétien averti sait que l'on ne peut savoir pourquoi quelqu'un souffre, celui-ci pouvant souffrir en réparation pour d’autres.

 

  La souffrance est considérée comme un obstacle par le Bouddhisme, on doit lui échapper, par contre avec Jésus celle-ci devient une source de vie. Nombreux sont les témoignages de personnes, croyantes ou non, qui reconnaissent qu'une épreuve les a changé, ouvertes aux autres... la souffrance devient alors un moyen d'avancement. Alors que pour le bouddhiste elle est une illusion, fruits de ses actes, et dont il faut s'affranchir. C'est là également une différence radicale.

  Je ne vois vraiment pas de points de rencontre. Chaque religion, mystique, philosophie est à respecter ; mais nous ne devons pas être dupes, et être capables de reconnaitre et d'affirmer, que ce qui vient d'ailleurs ne nous convient pas forcément.

 

  Ces philosophies et mystiques de l'Orient sont là pour nous "tenter", nous éprouver, comme un métal sa résistance. Bien sur, elles ont proliférées sur la perte de terrain de l'église catholique, donc du message chrétien, et par l’incapacité qu’elle a eu à moderniser son discours, et à donner à tous les catholiques et chrétiens les moyens d’affronter ce qui venait d’ailleurs. Le dialogue interreligieux, une mascarade ; le respect oui, le dialogue sur quoi ? Puisque l’approche est radicalement différente.

  Elles ont aussi proliféré également par l'hyper développement de notre mental (qui veut des explications pour tout), et ce au détriment de notre cœur. Mais aussi sur ces fausses valeurs dont on nous abreuve : tout est dans tout, tous les chemins mènent à Rome, le mondialisme des idées et des mystiques, après celle de l'économie.

  Et par dessus tout, nous avoir fait croire que nous étions libres, intelligents, et donc capables de savoir ce qu'il nous faut, ce qui est bon pour nous, et ce dans tous les domaines, tout particulièrement sur le choix d'une voie spirituelle, qui est pourtant le domaine d'exploration le plus difficile qui soit.

 

  Si tu souhaites approfondir les points que je n’ai fait ici qu’esquisser, n’hésite pas à lire une brochure de quelques pages, où Emile Besson développe tous ces points avec pertinence et maîtrise du sujet, elle se nomme : Bouddhisme et Christianisme.

  Tu pourras ainsi faire ton choix en connaissance de cause, et non sous le coup d’une nouvelle « lubie » émotionnelle ou intellectuelle, comme je t’en ai déjà connu.

 

                                                             A bientôt, mon ami.