Extraits des courriels (1)

Extrait 1

Tu me demandes de nouveaux souvenirs le concernant, de nouvelles anecdotes…, tu me parais t’interroger tout autant sur lui que sur ce qu’il nous disait.
C’est aussi l’attitude que nous avions à l’époque. Elle n’est pas donnée à tout le monde tu sais.
On peut très bien resté collé à ce qui est dit, ravi de posséder des Révélations que peu de gens connaissent, et s’en arrêter là.
Mais que valent elles ?... N’est ce pas à l’aune de l’identité spirituelle de la personne qui les a dites qu’elles peuvent prendre leur plénitude et leur sens ?
 
Bien sûr, dans le relatif où nous vivons, les foules sont à genoux pour quelques phrases énoncées par des bouches sans consistances.
Mais dans les domaines spirituels, aux plans derniers qui conduisent à la maison du Père, tout est différent.

Cet Etre dont il est question ici, a du se cacher, se voiler à nos yeux qui n’auraient pu supporter tant de lumière et de force.
Si nous percevions la dimension de ces Envoyés du Ciel et que nous n’en fassions rien ? Imagines-tu, au Jour du Jugement… Quelle responsabilité, quelle ardoise on prendrait ?
Bien sûr, il y aura la miséricorde, mais n’abusons pas de cette espérance.
Elle est un cadeau qui ne prend toute sa valeur et sa beauté que si l’on ignore le jour et l’heure de sa venue.

Voilà pourquoi sans doute, dans la majorité des cas, on ne se demande pas vraiment qui « Ils » peuvent être… On peu même les oublier quelques temps …, Plus longtemps… Ou très longtemps.
Tout dépend quelles chimères nous ont pris dans leurs rets, ou de quelle partie de notre moi nous n’avons pu nous déprendre.

 

Extrait 2

Mais revenons à la Résurrection.
-  … C’est là que la Gloire de Dieu s’est manifestée, nous dit un jour Rémi.
Que veux dire vraiment cette expression ? Nous lui demandâmes.
C’est quand tous les anges du Ciel tombent sur un endroit. Ce jour-là, à cet endroit, quant cela est survenu, pour beaucoup des personnes témoins de la Résurrection celles-ci ont reçu en même temps la guérison de maux qu’elles pouvaient avoir.

Avant de nous dire cela il avait raconté la Résurrection comme s’il en avait été un des témoins. Il nous raconta que les messagers vinrent auprès de Jésus pour lui dire que le disciple qu’il aimait était au plus mal, Jésus les écouta mais resta où il était.
Plusieurs jours passèrent et d’autres se présentèrent à Lui en disant :
« Tu te dis son ami, et tu n’es pas venu à son ensevelissement, maintenant il est trop tard. »

Jésus arrive en effet le plus tard possible, pour que la force de Dieu se manifeste au plus haut point.

Et Rémi de nous faire participer à la scène inimaginable, unique dans l’histoire de la Terre.
Assis confortablement dans son fauteuil il raconta.
Jésus rentre dans le tombeau. Quelques minutes après il en sort avec Lazare, il le soutient, l’entoure de ses bras ; ses chaires qui se décomposaient commencent à se reconstituer : retrouvant leurs formes, leurs couleurs.
Les vers tombent de ses bras, chassés qu’ils sont par la vie revenant.
Les articulations reprennent leur souplesse… Sa marche, de hésitante qu’elle était redevient peu à peu liée et souple, ses yeux vides et vitreux retrouvent leurs mouvements et leurs éclats.

Mais qu’est-ce qu’a vécu Lazare ? Lui demanda Benjamin.
Il est passé par les enfers, il a vécu son jugement… Puis Jésus, lui redonnant son âme, Lazare a parcouru à l’envers tout le chemin qu’il avait fait précédemment.
Benjamin poursuivit en disant.
Et la Résurrection du Christ ?
C’est autre chose. Il l’a connu pour donner une leçon à la mort, il lui a dit : maintenant tu vas m’obéir…, fini de faire ce que tu veux.
Et la résurrection de la fille de Jaïre ? Lui dis je à voix basse.

Ce n’est pas du même ordre, son âme n’avait pas encore connue le jugement. Elle était en état de catalepsie.
Je poursuivis.

Et la résurrection de la sœur de la Samaritaine ?
Ce n’est pas dans le Evangiles !
Non, c’est Anne Catherine Emmerich qui en parle.

Oui, en effet.
Son corps étant restée plusieurs jours dans l’eau, son âme avait dû être jugée ?
C’est possible. Je te sers un pastis ?
Oui, je veux bien.

 

Extrait 3

Assis confortablement au salon, nous échangions. Après qu’il se soit servit un verre et pris ses cigarettes, la conversation se fixa à nouveau sur les apparitions, celle de Lourdes en particulier.
Quel est ton sentiment ?
Elles sont authentiques, dit-il sur un ton affirmatif.
Et puis, lui dis-je, elles inclinent à la prière régulière, au chapelet.
C’est quoi le chapelet ? Me dit-il, me fixant du regard.

Tu sais pas… non ! … tu plaisantes !
Il paraissait l’ignorer, j’étais quand même étonné… mais bon. Je commençai une explication.
Il y a 5 dizaines de « Je vous salue Marie » entrecoupé… j’arrêtai ; il me charriait … c’était pas possible.
Non…, mais tu sais bien !
-  … 50 fois au total… faut la santé. Mais rassure-moi, c’est de la prière ou des mantras. Par ce que tu comprends, ce n’est pas du tout pareil.

Benjamin était hilare, moi je piquais un fard de désappointement. Je sentais le sabre manié par Rémi passer au dessus de nos têtes, sérieusement au dessus de la mienne ; la lame était acérée par l’humour.
Il reprit.
Moi qui n’arrive même pas à dire un « Je vous salue » en entier.
Comment cela ?
Non, quand je le dis à haute voix je ne peux pas finir ; ce n’est pas possible pour moi. Je dis les derniers mots mentalement.
Mais enfin ! Te rends tu compte… la Vierge… La Sagesse de Dieu, Elle qui planait sur les eaux au moment de la création de la terre !

Et brusquement, derrière ce qui pouvait sembler une « incapacité » de sa part, se profilait un enseignement, et surtout une leçon d’intériorité et de respect.

                                                      *

Les apparitions, les manifestations tangibles que la plupart d’entre nous désirons connaître, lui ne les souhaitait pas. Il demandait même dans ses prières, nous avait-il dit, que cela ne lui arrive pas.
Je me souviens d’une phrase qu’il dit ce jour-là.
Bon… si c’est Monsieur Philippe qui vient, je m’arrangerai ; si c’est le Christ, je baisserai les yeux sur mon verre. Mais la Vierge… Non là, je ne peux pas.